Quand ma console de jeux était une machine à cartes perforées

On me raconte souvent que les enfants d’aujourd’hui côtoient un terminal dès leurs 3 ans, parfois même avant. C’est devenu leur quotidien, leur normalité.

Mais ma normalité à moi, à 3 ans, se jouait dans une salle informatique pendant que j’attendais qu’on rentre. Ma console de jeux ? Un lecteur de cartes perforées.

Mon premier jeu consistait à créer des cartes perforées. Ces rectangles de carton rigide, avec leurs rangées de trous mystérieux, étaient mes LEGO. Je les empilais, je créais mes propres motifs de perforation (dans ma tête, bien sûr).

Tout était stocké sur des bandes magnétiques, ces grandes bobines qui tournaient avec un bruit hypnotique. Et parfois, avec la malice d’un enfant de 3 ans, j’arrivais à glisser mes cartes dans les piles des ingénieurs. Moi, ça m’amusait. Eux, beaucoup moins.

Puis sont venues les disquettes. Les vraies, les grandes, les souples. Pas encore ces petites carrées rigides qui suivraient plus tard.

Cette réalité me frappe aujourd’hui : l’écart entre les générations ne se mesure plus en décennies mais en révolutions technologiques. Quand je vois un enfant de 3 ans swiper intuitivement sur une tablette, je repense à ces cartes perforées. Même principe au fond : on donne des instructions à une machine. Seule l’interface a changé.

L’envers du décor de l’IA générative, c’est aussi de se rappeler d’où on vient. De ces machines qui occupaient des salles entières, qui chauffaient, qui faisaient du bruit, qui sentaient l’électronique et le papier. Des machines qu’on ne pouvait pas mettre dans sa poche.

A suivre …

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