Combien de temps garder ses sauvegardes ? Je n’ai pas la réponse

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Aujourd’hui, une maintenance m’a fait gagner 40 Go. Bonne nouvelle. Sauf qu’une question m’est restée en tête : faut-il attendre un an pour retrouver ces 40 Go sur le serveur de sauvegarde ?

Mon réglage par défaut

Je gère les sauvegardes de mes clients, et par défaut je règle la conservation selon la méthode dite « grand-père, père, fils », sur un an :

  • une sauvegarde vieille d’un an ;
  • une sauvegarde par mois sur l’année ;
  • une par semaine sur 4 semaines ;
  • une par jour sur les 7 derniers jours ;
  • et la dernière sauvegarde de la journée.

C’est le classement des archives d’une petite entreprise : les dossiers récents à portée de main, quelques repères plus anciens pour revenir en arrière. L’ANSSI ne dit pas autre chose : dans son guide sur la sauvegarde, elle donne comme exemple 15 jours de sauvegardes journalières, 1 an de mensuelles et 5 ans d’annuelles.

Avec Active Backup de Synology, la déduplication fait le reste.

Sur cet exemple, le gain atteint presque 7 To pour 14 postes sauvegardés. Ça marche très bien. Mais mes 40 Go libérés me ramènent toujours à la même question : combien de temps garder ce qui ne sert plus aujourd’hui, mais pourrait servir demain ?

L’ERP, ou le registre qui n’a plus ses dernières pages

Prenons l’ERP, sauvegardé en entier deux fois par jour. Je garde la sauvegarde de midi 7 jours, celle du soir pendant des mois.

Reste la vraie question : en cas d’incident, laquelle restaurer ? Revenir à une vieille sauvegarde de l’ERP, c’est reprendre un registre de commandes auquel il manque les dernières pages.

Je l’ai vécu. Et au final, le prestataire a jugé plus intéressant d’extraire les données de la base SQL endommagée que de restaurer la version intacte, qui avait une semaine. Une sauvegarde saine mais vieille d’une semaine valait moins qu’une base abîmée mais à jour.

Le ransomware change la donne

Face à un ransomware, il faut au minimum 30 jours de conservation : c’est ce que recommandent beaucoup d’éditeurs de sécurité, parce que l’intrusion peut être bien plus ancienne que l’attaque visible.

Les chiffres leur donnent raison. Mandiant, qui enquête sur les intrusions dans le monde entier, mesure 11 jours en médiane entre l’entrée d’un attaquant et sa découverte en 2024, et 26 jours quand c’est un tiers qui donne l’alerte. Pendant ce temps, vos sauvegardes enregistrent tranquillement un système déjà compromis.

D’où un second piège, que l’ANSSI signale : une sauvegarde peut contenir les implants de l’attaquant. Restaurer, c’est parfois réinstaller la porte dérobée avec le reste.

Le nombre de versions

Il existe une autre façon de régler la conservation : au lieu d’une durée, on fixe un nombre de versions à garder. Très pratique pour les fichiers bureautiques. Inutilisable pour l’ERP : chaque jour est une nouvelle version, et dix versions ne font que dix jours.

C’est la différence entre garder les corrections successives d’un devis et conserver l’activité quotidienne de l’entreprise. Ce n’est pas le même usage.

Alors, quelle durée ?

Il n’y a pas de réponse simple. Elle dépend de ce que contient la sauvegarde et de l’usage que j’en attends. Mon réglage par défaut tient la route, mais ces situations me poussent à le remettre en question, client par client.

Une seule certitude, que l’ANSSI écrit noir sur blanc : les sauvegardes doivent être testées régulièrement. Je vous le rappelle à ma façon : une sauvegarde qui n’est pas testée n’est pas une sauvegarde, c’est une prière.

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